Le financement des partis : une longue histoire en souffrance

Beaucoup des conseils nationaux et des conseils d’état ne se soucient pas de la transparence. Ils devront repenser, les électeurs veulent savoir qui sont les financiers en politique.

Ce 4 mars, dans les cantons de Fribourg et de Schwyz une majorité de citoyens s’est prononcée en faveur d’une initiative visant à ce que les partis politiques doivent annoncer d’où ils reçoivent leurs fonds pour élections et votations. Les médias ont taxé cette décision de surprise, pas uniquement du fait que ces initiatives émanent des jeunesses socialistes cantonales.

Or, le fait que cette volonté populaire se soit manifestée dans les urnes en faveur de tels projets, n’est en rien une surprise en soit. C’est peut-être surprenant pour les politiciens qui continuent à se prononcer contre les efforts de transparence et se refusent à voir que leur crédibilité est étroitement liée à cette transparence.

Sous la Coupole fédérale, nombreux sont les parlementaires à ignorer cette volonté populaire. Cette volonté qui tient à connaître les financements des opérations d’affichage et de placardage électoral, et qui tient à savoir qui ouvre sa bourse pour les campagnes de tel ou tel politicien. Ils nous répondront qu’il s’agit là d’une culture de l’envie et de protection de la sphère privée. Il s’agit de tout autre chose : le peuple veut enfin savoir qui est politiquement indépendant et qui se laisse financer, tenter par de riches association ou de lobbies.

Fribourg et Schwyz ne sont que les nouveaux cantons à devoir introduire des règles sur la transparence. C’est dans la partie latine de la Suisse que se trouvent les autres cantons à avoir de telles règles : Genève, Neuchâtel et le Tessin connaissent déjà de telles situations. Les politiciens qui craignent de devoir publier les noms de leurs plus grands soutiens devraient se demander s’ils ne devraient pas rendre déjà aujourd’hui de tels noms d’eux-même. Cette thématique ne se résorbe pas d’elle-même. Il est prévisible qu’une telle initiative soit mise prochainement au vote au niveau fédéral. L’initiative pour la transparence n’émane pas d’un groupe de quelques jeunes très motivés, mais résulte d’une alliance socialiste, du PBD, des Verts et du PEV.

Déjà maintenant, Lobbywatch aimerait connaître les rétributions des parlementaires pour leurs activités associatives ou dans des entreprises en dehors du Palais fédéral. C’est pour cela que nous avons tout récemment contacté tous les membres de l’Assemblée fédérale et les avons prié de rendre public leurs engagements salariés ou défrayés. L’an dernier, lors d’un même exercice, le résultat était désillusoire. Seuls vingt pour cent ont accepté de jouer le jeu de la transparence. Cette année, comme le montrent les premiers retours, le pourcentage de réponses sera plus élevé.

Que les politiciens qui n’ont pas encore compris ce que la transparence peut apporter à leur crédibilité, devraient rapidement retourner à leurs études.

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