Le lobby des voitures passe la première

Le Parlement est à l’origine d’une version amoindrie de «l’initiative cycliste». Les raisons de ce revirement ne sont pas dûs au clan des cyclistes mais aux forces du lobby automobile.

Le vélo fait son chemin pour entrer discrètement dans la Constitution. Le Parlement vient d’approuver un contre-projet du Conseil Fédéral à “l’initiative vélo”. Les pistes cyclables deviendraient les équivalents des sentiers et des chemins piétons. La Confédération ne soutiendrait pas directement la mise sur pied d’un réseau de voies cyclistes mais apporterait son soutien uniquement avec des intentions dans le texte de loi.

Pour la Weltwoche, ce sont des preuves suffisantes. L’hebdomadaire dirigé par Roger Köppel (UDC/ZH) voit dans ces intentions une “velomania”et une alliance entre les lobbies de promeneurs et de cyclistes. Il ne reste pas de qualificatif pour désigner les influences du lobby automobile. Lobby pourtant bien plus puissant comme le montre l’analyse de Lobbywatch. Ce qui impressionne, même uniquement sur la base d’une étude des accréditations et des liens d’intérêts, c’est le nombre d’organisation qui ont un accès direct à des parlementaires :

Le résultat de ces liens? Ce sont une douzaine, de propositions en faveur du trafic motorisé individuel. Des propositions comme la possibilité de dépasser par la droite sur des autoroutes, tourner à droite au feu rouge, ou encore des mesures facilitant l’accès au permis de conduire. Il faut aussi voir l’influence du lobby automobile dans la proposition du Conseil des Etats d’augmenter la vitesse maximale des véhicules avec remorques ou des caravanes de 80 à 100 km/h. Il a encore désamorcé l’article récent relatif aux fous de la vitesse, ou encore autorisé le service d’alcool sur les aires d’autoroutes, ou finalement augmenté de 5 ans l’âge des contrôles obligatoires des retraités désirant conserver leur bleu.

A côté de ces victoires, le lobby pro route peut se targuer de compter un membre de plus dans ses rangs : il s’agit ni plus ni moins que du successeur d’Ignazio Cassis, le très libéral Rocco Cattaneo. Cet ancien président du parti cantonal est aussi un entrepreneur actif dans le domaine des stations-service. Il siège par ailleurs au comité de l’organisation de stockage obligatoire de la branche des huiles minérales en Suisse, Carbura. Le nouveau Conseiller national a suscité l’intérêt des médias lors de son entrée en fonction en effectuant un tour à vélo, les courses cyclistes étant une de ses passions.

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