Liste de la transparence 2018: Seul un quart de nos parlementaires sont transparents

Un an avant les Élections fédérales, la transparence au Parlement fédéral laisse encore à désirer : un peu moins d’un quart de ses membres révèle ses gains obtenus grâce à son mandat.

«Dans l’intérêt d’une meilleure transparence, nous vous prions de bien vouloir noter pour chaque lien d’intérêt si votre engagement se base sur du bénévolat ou alors de nous indiquer le montant de la rémunération annuelle”. Lobbywatch a envoyé cette demande 246 fois au printemps et a demandé à tous les membres du Conseil national et du Conseil des Etats de communiquer les mandats pour lesquels ils sont payés en dehors du Parlement.

L’aspect positif, c’est qu’au Palais fédéral, lentement - très lentement - la reconnaissance des électeurs à un droit à la transparence se fait jour. Cette année, 61 députés ont décidé de divulguer entièrement leurs revenus provenant de mandats rémunérés. Cela signifie que près d’un quart des Conseils nationaux et des Conseils d’État sont transparents. En 2017, il n’y en avait plus que 51. Dix-huit autres membres de l’Assemblée fédérale (2017 : 17) indiquent au moins en partie ce qu’ils gagnent avec leur mandat.

Les noms des parlementaires fédéraux entièrement et partiellement transparents peuvent être consultés ici.

Toutefois, l’analyse des réponses reçues montre également que la transparence des salaires parlementaires est également une question de durée du mandat. Exactement la moitié des politiciens transparents ont moins de deux législatures dans un Conseil. En d’autres termes, les jeunes politiciens ont tendance à être plus transparents. Daniel Brélaz, conseiller national (Verts/VD) est un bon contre-exemple : un mandat de longue durée ne doit pas décourager la transparence. L’ancien syndic de Lausanne siège sous la Coupole depuis 39 ans - avec interruptions - et communique ses revenus.

Au sein des partis, le PS est en hausse avec 60% de membres totalement transparents. L’initiative de transparence soutenue par la Commission est susceptible d’avoir un impact dans ce domaine. Les Verts arrivent deuxièmes (38,5 %), suivis du PDB (37,5 %). A l’exception de ce dernier, les partis bourgeois ne se ternissent pas de gloire en matière de transparence. Le plus grand secret se trouve chez les démocrates-chrétiens. A peine un membre sur dix du groupe ne juge pas nécessaire de divulguer ses finances.

C’est un témoignage politique de pauvreté pour les partis bourgeois - et malheureusement aussi un reflet de l’humeur qui règne à l’Assemblée fédérale. Au cours de la législature 2015-2019, toute une série de propositions visant à accroître la transparence ont de nouveau été rejetées. Lobbywatch maintient son cap et demandera à nouveau aux parlementaires en année électorale de communiquer leurs gains.

Un mot sur la méthodologie: Les politiciens qui divulguent tous les revenus provenant de mandats de conseils d’administration, d’activités au sein de conseils consultatifs ou d’organes similaires et d’activités au sein d’associations - soit sur leur site Web, soit à la demande de Lobbywatch - sont totalement transparents. Les revenus d’une activité professionnelle ne sont pas pris en compte par Lobbywatch pour l’évaluation de la transparence. “Partiellement transparent» signifie que les parlementaires en questions ne divulguent qu’une partie de leurs revenus.

MISE À JOUR du 19 novembre 2018 : Trois membres du Conseil national ont rendu compte de tout ou partie de leur rémunération. Il s’agit de Valérie Piller Carrard, Carlo Sommaruga (tous deux entièrement transparents) et Philippe Nantermod (partiellement transparent).

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